Person
Lisa

Un an de danse en Belgique

Lisa est partie en 2013 en Belgique dans le cadre d'un de nos programmes thématiques

Le programme thématique a été créé pour répondre aux besoins des jeunes qui ont du talent ou un intérêt particulier dans une discipline artistique.
YFU France:

1. Peux tu rappeler ton prénom aux lecteurs ?

Lisa:

Je m'appelle Lisa Ornet.

Ma sœur d'accueil, Lien, et moi. Nous avions préparé tout ça pour un repas de famille.
YFU France:

2. La particularité de ton expatriation réside dans le fait qu'elle s’inscrit dans le cadre d'un de nos programmes thématiques. Quel domaine et quelle destination as-tu choisi?

Lisa:

J'ai choisi comme programme la danse. YFU propose plusieurs programmes thématiques : sports, arts, humanitaire... Je n'ai en revanche pas vraiment choisi la destination. Yfu m'a d'abord proposé la Lettonie mais le programme de danse ne me paraissait pas assez conséquent. Ils m’ont ensuite proposé une école en Belgique avec plus de 20 heures de danse, alors j'ai accepté. La particularité du programme Danse est qu'il est proposé seulement en Belgique, Lettonie et Suède. La Suède étant complet et le programme danse en Lettonie m'intéressant moins je suis partie en Belgique. Pour moi, ceci n'était en rien un problème car initialement je ne savais pas où je souhaitais partir.

YFU France:

3. Quelle a été la durée de ton séjour ?

Lisa:

Mon séjour à duré 11 mois.

YFU France:

4. Quelles ont été les raisons qui t'ont poussée à tenter l'expérience ?

Lisa:

J'ai fait mon échange après ma terminale. Au moment où nous devions remplir les vœux sur post bac je ne savais absolument pas quoi mettre. Grâce à ma maman j'ai entendu parler de YFU. Ce qui m'a plu par rapport aux autres associations est qu'avec YFU nous sommes scolarisés alors que dans la plupart des autres programmes nous avons des cours de langues le matin, et libre le reste du temps. Et c'est grâce à cette scolarisation que j'ai pu intégrer une école de danse. J'ai par la suite changé d'avis sur le fait d'être scolarisé car je ne me sentais pas bien au sein de l'école, mais j'y reviendrai par la suite. J'ai donc opté pour partir en échange après ma terminale pour pouvoir me détacher "doucement" du domicile familial, découvrir autre chose, de prendre de l'autonomie avant de prendre mon appartement et me laisser du temps pour trouver les études que j'avais envie de faire.

YFU France:

5. La danse a rythmé ton quotidien en Belgique. Les programmes thématiques permettent aux jeunes d'enrichir leurs compétences personnelles. Comment la danse est-elle étudiée dans ce programme ?

Lisa:

Cette école est réellement une école artistique. C'est un lycée. Le lycée fonctionne différemment en Belgique. Collège et lycée ne font qu'un. Il y a plusieurs filières : musique, danse et théâtre. Il n'y a qu'un seul grand bâtiment pour les salles de cours, les salles de danse, de musique, de spectacles. Mais il n'y a pas beaucoup d'élèves. J'ai eu beaucoup de chance de tomber dans une école où ils ont pris en compte le fait que je sois là pour étudier la danse et non les autres matières. L'école m'a donc aménagé un programme pour que je suive le plus de cours de danse possibles. J'étais en 5ème année, ce qui équivaut donc à la première. J'avais donc tous les cours de danse et cours généraux avec ma classe, et certains cours de danse aménagés avec les 6 ème années (terminale). Ce qui me faisait 22 heures de danse par semaine. Nous avions 5 professeurs différents : 4 professeurs de contemporains, et 1 de classique. Les 4 professeurs de contemporain avaient chacun leur technique. C'était l'avantage d'avoir autant de professeurs différents, nous abordons la danse sous différents angles et techniques. Nous avions des cours avec des exercices donnés par les professeurs, et d'autres cours d'improvisation. Nous avons également eu beaucoup de workshops : un avec un danseur d'une célèbre compagnie : Rosas. Nous étions allés voir la représentation de leur spectacle auparavant puis nous avons eu la chance de travailler avec l'un d'entre eux. Ensuite, nous avons eu un workshop sur des danses typiques du Mexique avec des mexicains. Nous avons eu aussi des intervenants : des profs qui venaient nous donner un cours occasionnellement pour que nous puissions découvrir une nouvelle technique. Nous avions aussi eu 1 semaine de stage de danse au début de l'année avec deux profs de contemporains/hip-hop. Nous avons aussi du créer notre propre pièce que nous avons dansé une dizaine de fois. Le programme de danse est lourd, sérieux et très complet.

YFU France:

6. Professionnellement parlant, cette expérience est-elle un plus?

Lisa:

Cette expérience a été pour moi comme un tremplin qui m'a permis de me propulser réellement dans le monde de la danse. C'est grâce à cette année dans cette école que j'ai réalisé à quel point j'aimais la danse et que je désirais en faire mon métier. J'ai énormément appris, beaucoup de technique différentes, vu différentes choses... Je suis aujourd'hui en formation E.A.T. à Lille. C'est un examen d'aptitudes techniques qui permet ensuite d'entreprendre le DE (diplôme d'état de prof de danse). Sans l'année que j'ai passé l'année dernière, je n'aurais pas pu intégrer cette formation que je fais aujourd'hui. J'ai également comme projet de me lancer dans un diplôme de danseur/interprète, chose que je n'aurais pas pu envisager l'année précédant mon échange. Cette formation de danse que j'ai suivi l'année dernière m'a donné toutes les bases nécessaires pour continuer dans cette voie !

YFU France:

7. L'avantage de ce programme réside dans le fait qu'elle combine l'approfondissement des compétences tout en bénéficiant du programme traditionnel à savoir la vie en famille et la scolarité dans un lycée local. Peux tu nous parler de ta famille d'accueil belge ?

Lisa:

Je suis d'abord arrivée dans une première famille d'accueil qui vivait dans la banlieue de Bruxelles, à Grimbergen (non, ce n'est pas une blague !). Je suis restée 6 mois dans cette famille. Ils parlaient donc néerlandais, mais aussi français, impeccablement. J'ai donc eu, si on peut dire, la chance d'avoir eu un début d'année facile puisque ma famille d'accueil parlait français. Cependant, ceci a été un handicap par la suite car nous ne parlions qu'en français. Nous avions dit que passé le nouvel an nous parlerions en néerlandais, ce qui n'a pas été fait. J'ai donc commencé à parler de moins en moins . Cela a été renforcé par une baisse de morale courant janvier due à diverses raisons. Je me suis renfermée sur moi-même et le contact avec ma famille en a pâti. Il n'était ni bon, ni mauvais, mais je ne parlais pas beaucoup, et eux non plus. Ceci n'a pas handicapé mon échange pour autant. L'adaptation s'est faite vite, mais l'ambiance et les relations se sont dégradées. En février, j'ai donc appris que j'allais changer de famille, et ce, une semaine avant de devoir partir de chez eux. C'était un choc, mais j'ai positivé en me disant que j'allais me retrouver dans une autre famille où les choses seraient mieux. Le pincement au coeur était tout de même présent. Je suis ensuite arrivée dans ma nouvelle famille d'accueil qui vivait à côté d'Anvers. J'étais à dix minutes de chez ma meilleure amie (elle aussi en échange). J'avais désormais deux petites sœurs d'accueil (9 et 11 ans) et un petit frère (7 ans). Parler le néerlandais est devenu indispensable. Je me suis sentie à l'aise dès le début. Les habitudes étaient différentes, le mode de vie également. Je me sentais plus à l'aise, nous avions plus de points en communs. J'ai passé 5 mois chez eux. Et c'était super ! J'ai énormément cuisiné avec ma plus grande sœur d'accueil, nous allions courir ensemble, je suis allée à la piscine avec mon père d'accueil, j'ai fait beaucoup de jeux de société, nous sommes allés tous ensemble à Aqualibi, nous avons fait du shopping, ma sœur d'accueil et moi. C'était exactement ce à quoi je m'attendais avant de partir en Belgique. Ces cinq derniers mois ont été plus qu'agréables ! Et avoir une de mes deux meilleures amies aussi proche de chez moi était super ! J'ai donc progressé rapidement en néerlandais puisque je ne pouvais parler qu'en néerlandais. Mes parents d'accueil parlaient français mais nous ne le parlions presque jamais. Ces cinq derniers mois furent vraiment chouette ! J'ai adoré faire autant de chose avec ma famille d'accueil, partagé des choses avec eux etc. Je suis récemment retourné les voir !

YFU France:

8. Et ton école ?

Lisa:

Comme je l'ai dit plus haut, je ne me sentais pas à l'aise au sein de l'école. Le problème ne venait pas de l'école, mais de moi. Les personnes qui étaient dans cette école, surtout dans ma classe avait cet esprit compétitif présent au sein du monde de la danse. Cela a été une barrière au début qui a été renforcée par le fait que j'aie mis du temps à apprendre le néerlandais. La communication était plus difficile à établir. Quand j'ai changé de famille tout s'est débloqué !
J'ai créé des liens avec les gens de ma classe, je me suis fait de bonnes amies. Le début de l'année a été dur. J'allais à l'école en traînant des pieds. Puis dès mon changement de famille, les relations avec les gens de ma classe ont été plus faciles, ainsi qu'avec les personnes des autres classes, notamment les 6ème années. Comme je dansais beaucoup je ne me suis pas sentie seule puisque je restais dans les salles de danse aux heures de pauses et je travaillais, et le weekend end je voyais mes amis qui étaient eux aussi en échange. Sans la danse, l'échange aurait été plus dur. L'école en elle-même était bien. Beaucoup d'activités était proposées tels que des films, des concerts, des spectacles etc. Nous avons aussi eu deux sorties : nous sommes allés dans une piscine à vague, et nous avons visité un camp de concentration. C'est une école qui propose beaucoup de choses aux élèves qui étudient la bas et qui permet de nombreux débouchés.

YFU France:

9. Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs ?

Lisa:

Tous les moments passés avec les étudiants d'échange sont des excellents souvenirs ! Beaucoup de weekends étaient organisés avec YFU, nous sommes notamment partis à Paris. Parmi les meilleurs souvenirs, il y a mon voyage à Amsterdam avec mes deux meilleures amies, elles aussi en échange (l'une venant du Mexique et l'autre de Bulgarie). Nous sommes restées quatre jours à Amsterdam, et c'était super ! Nous avons visité la ville pendant trois jours, et aussi Ultrecht, une ville proche d'Amsterdam qui était la ville où nous logions. Nous avons rencontré des breakdancers qui donnaient leurs spectacles dans la rue. Nous avons vraiment passé un merveilleux séjour toutes les trois.
Un autre beau souvenir est le YES. Le YES est un séminaire de cinq jours en Allemagne organisé pour les étudiants qui sont partis en Europe durant leur échange. Pour résumer, c'est plus de 600 étudiants de différentes nationalités sur un immense campus ! Les journées sont rythmées par les workshops et activités !
C'est la fin de l'échange et ce weekend possède divers objectifs :
- se préparer petit à petit à retrouver notre pays, notre famille, nos amis etc
- retrouver les autres étudiants rencontrés au weekend de décollage en France (le weekend décollage est le weekend de préparation au départ). J'ai passé ces cinq jours avec les filles que j'avais rencontrées l'année d'avant à ce weekend. C'était super ! Les journées étaient bien occupées : un workshop par jour, une sorte de "show" matin et soir, puis des activités. Autant dire que se retrouver avec 600 étudiants qui viennent de partout en Europe, c'est top ! J'ai vraiment adoré, et je recommande le YES à tout le monde ! S’il y a quelque chose à ne pas manquer pour compléter votre échange, c'est bien ce weekend !
Je pense qu'un de mes pires souvenirs a été quand j'ai appris que j'allais changer de famille. Je ne m'y étais pas vraiment préparée et cela fait toujours un pincement au cœur.
Les aurevoirs sont également toujours un moment très dur. Les aurevoirs entre étudiants d'échange ont été très durs comme nous étions très proches, c'était comme une petite famille. Dire au revoir à des personnes qui habitent à l'autre bout du monde, ça fait de la peine ! Les aurevoirs avec ma famille d'accueil se sont mieux passés car je savais que j'allais les revoir. J'ai eu la chance de revoir ma meilleure amie de Bulgarie en septembre dernier car elle est venue en Belgique. Mon meilleur ami est belge, il était en "échange" en Flandre pour apprendre le flamand, je peux donc le revoir assez facilement. Pour moi, les aurevoirs ont été de loin le moment le plus dur.

YFU France:

10. Avec le recul, quels conseils donnerais tu à tes successeurs ?

Lisa:

11. J'ai quelques regrets suite à mon échange. Je suis assez timide, alors j'ai eu un peu de mal à m'intégrer. Aussi, j'ai eu du mal avec la mentalité flamande au début, l'adaptation a été longue. Je n'ai donc pas vraiment fait connaissance avec les gens de ma classe. Nous n'étions que 7 et pourtant la connexion ne s'est pas faite. L'esprit de compétition était très présent au sein de ma classe, et je n'aimais pas cet esprit. Les choses ne se passaient pas très bien avec eux, j'ai mis du temps à aller vers eux pour leur parler de cette situation qui me dérangeait. Après les tensions se sont un peu apaisés. C'est un des conseils que je peux donner : n'hésitez pas à parler, à dire ce qui va ou ce qui ne va pas. C'est un peu la clé de l'échange en fait. C'est une leçon que j'ai appris pendant l'échange. Ne pas avoir peur de dire les choses pour les arranger, les améliorer. Je regrette aussi de ne pas être plus allée vers les gens. Je n'ai presque pas parlé aux gens de mon école, puisque je suis timide. Je suis restée dans mon coin, et je le regrette un peu. Vers la fin de l'échange, les choses se sont un peu améliorées puisque je parlais mieux néerlandais, j'ai donc eu un peu plus de contact avec les personnes de mon école en fin d'année seulement. Donc, surtout, n'hésitez pas à aller vers les gens s'ils ne viennent pas vous, parlez si vous avez des problèmes, ne vous renfermez pas sur vous-même. Autre chose, je vous conseille de faire des activités extrascolaire ! Ça permet de rencontrer encore plus de gens ! Le plus important est vraiment de vivre cette échange à fond, de vous investir dedans, ne vous ennuyez pas, visitez autant de choses que vous pouvez, rencontrez le plus de personnes que vous pouvez, c'est comme ça, en vous ouvrant aux gens, que votre échange va devenir une belle expérience !