Jeanne

Au pays des rennes

Découvrir un pays nordique, la Suède.

En 2010, Jeanne tentait l'aventure de partir pendant un an en Scandinavie, plus précisément en Suède.
YFU France:

1. Rappelle nous ton prénom !

Jeanne :

Je m'appelle Jeanne Meslé, et je viens de Bretagne.

  • Bollnäs, lors de mes premiers jours. Il faisait réellement beau, et la (petite) taille de la ville m'a immédiatement plu : je me suis ainsi familiarisée rapidement avec toutes les rues, tous les coins, ce qui m'a permis de me sentir rapidement comme chez moi.
    Bollnäs, lors de mes premiers jours. Il faisait réellement beau, et la (petite) taille de la ville m'a immédiatement plu : je me suis ainsi familiarisée rapidement avec toutes les rues, tous les coins, ce qui m'a permis de me sentir rapidement comme chez moi.
  • Bollnäs sous la neige. avec 5 ou 6 mois de neige, j'ai eu le temps de m'habituer à ce paysage. Cela changeait de mon hiver français, où dès qu'il y a trois flocons, on s'émerveille comme des enfants !
    Bollnäs sous la neige. avec 5 ou 6 mois de neige, j'ai eu le temps de m'habituer à ce paysage. Cela changeait de mon hiver français, où dès qu'il y a trois flocons, on s'émerveille comme des enfants !
  • Une fête organisée par YFU Suède, ils nous ont tous invité dans le nord de la Suède pour découvrir le soleil de minuit. Pendant mon année d'échange, je me suis fait des amis suédois, mais aussi des amis japonais, belges, américains, suisses, espagnols...
    Une fête organisée par YFU Suède, ils nous ont tous invité dans le nord de la Suède pour découvrir le soleil de minuit. Pendant mon année d'échange, je me suis fait des amis suédois, mais aussi des amis japonais, belges, américains, suisses, espagnols...
  • Un repas suédois. La nourriture est peut-être l'une des adaptations les plus difficiles, mais aussi une découverte quotidienne. Au final, maintenant, les repas suédois me manquent !
    Un repas suédois. La nourriture est peut-être l'une des adaptations les plus difficiles, mais aussi une découverte quotidienne. Au final, maintenant, les repas suédois me manquent !
  • Le jour de la remise des diplômes, nous avons envahi le lycée. D'abord on se rejoint tous chez quelqu'un où on prend le petit déjeuner, avec champagne, puis nous envahissons le lycée, où nous prenons le repas. Après cela, il y a le discours des différents professeurs, puis nous défilons dans les rues, où nos amis et notre famille vient nous voir et nous offrir des cadeaux. A la fin de la journée, on fait un repas en famille (ma mère d'accueil avait invité des amis étrangers à moi, qui ne pourront jamais fêter la remise des diplômes), puis nous finissons en boîte. Voilà une photo de moi en costume traditionnel pour la remise des diplômes, avec quelques amies suédoises. Ce fut un des plus beaux jours de mon année d'échange, comme l'un des plus tristes : cela signifiait la fin de mon séjour.
    Le jour de la remise des diplômes, nous avons envahi le lycée. D'abord on se rejoint tous chez quelqu'un où on prend le petit déjeuner, avec champagne, puis nous envahissons le lycée, où nous prenons le repas. Après cela, il y a le discours des différents professeurs, puis nous défilons dans les rues, où nos amis et notre famille vient nous voir et nous offrir des cadeaux. A la fin de la journée, on fait un repas en famille (ma mère d'accueil avait invité des amis étrangers à moi, qui ne pourront jamais fêter la remise des diplômes), puis nous finissons en boîte. Voilà une photo de moi en costume traditionnel pour la remise des diplômes, avec quelques amies suédoises. Ce fut un des plus beaux jours de mon année d'échange, comme l'un des plus tristes : cela signifiait la fin de mon séjour.
  • Le bal de promo. En France, nous avions eu la chance d'avoir un bal, mais ce n'était pas de cette envergure. En Suède, les filles dépensent des tonnes de sous dans la robe et la coiffure, puis il faut louer une voiture de luxe qui nous emmène dans un hôtel de luxe, où nous buvons du champagne et mangeons un repas de luxe ! Je suis contente d'avoir pu participer à ce jour ! C'est un jour extrêmement important dans la vie des étudiants suédois !
    Le bal de promo. En France, nous avions eu la chance d'avoir un bal, mais ce n'était pas de cette envergure. En Suède, les filles dépensent des tonnes de sous dans la robe et la coiffure, puis il faut louer une voiture de luxe qui nous emmène dans un hôtel de luxe, où nous buvons du champagne et mangeons un repas de luxe ! Je suis contente d'avoir pu participer à ce jour ! C'est un jour extrêmement important dans la vie des étudiants suédois !
  • A la fin de mon année en Suède, je ne voulais pas partir... J'avais donc demandé à des gens de ma classe s'ils voulaient profiter du soleil suédois une dernière fois avec moi. Ils ont organisé une sortie au lac du village presque tous les jours, pour que je puisse en profiter un maximum ! Mon année d'échange, c'est surtout cela : des rencontres exceptionnelles !
    A la fin de mon année en Suède, je ne voulais pas partir... J'avais donc demandé à des gens de ma classe s'ils voulaient profiter du soleil suédois une dernière fois avec moi. Ils ont organisé une sortie au lac du village presque tous les jours, pour que je puisse en profiter un maximum ! Mon année d'échange, c'est surtout cela : des rencontres exceptionnelles !
YFU France:

2. Dans quel pays es-tu partie ?

Jeanne :

Je suis partie en Suède, dans un petit village au nord que je ne prononce toujours pas très bien, apparemment : Bollnäs. Au début, ce fut dur de me dire que j'allais dans un petit village, où il n'y avait qu'un bar, un ciné avec deux séances par semaine, et que j'allais vivre dans un appartement et non une maison au bois rouge. Mais finalement, c'était mieux ainsi, puisqu’étant dans un petit village, je fus vite connue et reconnue par tout le monde, et du coup ils étaient d'une gentillesse et d'une aide incroyable en toutes circonstances !

YFU France:

3. Combien de temps es-tu partie?

Jeanne :

Je suis partie un an. Ou plus précisément 10 mois. Ce qui est le temps nécessaire pour vivre cette expérience pleinement, et pour découvrir tout ce qu'il y a à découvrir d'une ville. J'ai vécu l'été suédois, où il faisait chaud (si si), et beau, on se baignait dans les lacs et faisait de longues promenades en vélo. J'ai égalemtent connu le long hiver suédois avec 5 ou 6 mois de neige non stop, ce qui fut un réel dépaysement, un réel enchantement.

YFU France:

4. Quelles ont été les raisons qui t'ont poussée à entreprendre cette expérience ?

Jeanne :

J'arrivais à la fin de ma période lycéenne. Je ne savais pas quoi faire comme études. Il fallait absolument remplir cette fiche où il fallait spécifier vers quelles études on souhaitait se diriger. J'étais paniquée, je ne savais absolument pas quoi mettre, je me mettais dans tous mes états pour une simple fiche d'orientation. Mon père, un soir, a compris ma détresse, et autour d'un repas tranquille (avec mon plat favori) m'a calmement proposé de vivre mon rêve : partir vivre en Suède pendant un an. Nous connaissions YFU parce que nous avions voulu accueillir une étudiante suédoise, sans succès. Et je pense qu'à ce moment-là, mes parents en avaient marre de m'entendre parler de la Suède, de la nourriture qu'on y mangeait, des joueurs de foot suédois qui jouent en France... Pour cela, mes parents ont toujours été compréhensifs : ils ont toujours pensé que mes frères, soeurs et moi même devrions découvrir d'autres cultures et d'autre langue pour nous ouvrir au monde. Je ne les remercierai jamais assez pour leur ouverture d'esprit.

YFU France:

5. Quelles ont été tes premières impressions ?

Jeanne :

J'étais émerveillée par tout. J'avais l'impression d'être dans un rêve, tout était si différent. Les arbres, les lapins, les maisons, même les chiens ne semblaient pas les mêmes. Paradoxalement j’avais une boule dans la gorge : j'avais peur, je me rendais compte du courage qu'il me faudrait pour m'adapter à cette nouvelle vie, et je ne savais pas si j’étais finalement prête, moi, la grande timide. Le fait de ne pas être seule dans cette situation me rassurait : il y avait d'autres étudiants d'échange dans mon cas partout en Suède, et durant les cinq jours d’intégration : je m'étais déjà fait des amis, des alliés. Ceci étant dit j’ai quand même éclaté en sanglot dès que j’ai vu ma nouvelle maison... Ma mère d'accueil m'a prise dans les bras, et puis elle m'a proposé d'aller faire une promenade. Elle a été formidable ce jour-là, et la semaine qui suivit, elle fut compréhensive avec moi, et patiente.

YFU France:

6. Quant à l'école ?

Jeanne :

Mon école Suédoise a été le meilleur dans cette vie suédoise. C'était un peu comme ma seconde famille. C'était un petit lycée, alors tout le monde se connaissait. J'y passais beaucoup de temps, les gens sont toujours accueillants dans un lycée. J'ai même sympathisé avec le concierge/gardien/mécanicien, qui était adorable et m'a aidée à apprendre le suédois. J'ai vraiment dû y mettre du mien au début parce que les élèves n'osaient pas me parler en anglais, et je ne savais pas du tout parler suédois... Pour cela, j'organisais des repas de classe, j'invitais des gens à venir en ville avec moi. Il fallait que ce soit moi qui fasse le premier pas, mais après que celui-ci fut franchi, j'étais un membre à part entière de la classe. J'avais presque l'impression de vivre à l'école ! Mes meilleurs souvenirs en sont liés ainsi que mes meilleures rencontres et mes meilleurs soutiens. J'aimais même aller en cours ! Je me sentais vraiment suédoise à part entière. Mais j'ai été beaucoup aidée par ma mère d'accueil, qui était une prof très active dans mon lycée. C'est elle qui a choisi ma classe, mes cours. Pour tout ça, je la remercie.

YFU France:

7. Quant à ta famille d'accueil ?

Jeanne :

Je ne vais pas mentir : ça n'a pas été facile. Déjà, parce que je vivais seule avec une femme, moi qui viens d'une grande famille de 5 enfants, et elle n'a eu qu'un seul enfant. Alors évidemment, nos modes de vie étaient à l'opposé. Elle aime la vie seule, tranquille, indépendante. J'aime être entourée, quand il y a du bruit et du bazar. De plus, comme elle était prof dans mon lycée (je l'avais en cours d'anglais) elle savait tout de mes faits et gestes, et je me sentais parfois oppressée. J'aurais aimé avoir un frère ou une soeur d'accueil qui vit avec nous... Mais je n'ai rien à dire, elle a toujours fait de son mieux pour m'accueillir, quand j'avais un coup de blues, elle me faisait mon gâteau préféré et m'achetait du pain, même si nous nous parlions peu, même si nos relations ont parfois été tendues, elle a tout fait, jusqu'au bout, pour que je n'aie pas de coup de blues et que je me sente chez moi.

YFU France:

8. Quels sont tes meilleurs souvenirs ? Tes pires souvenirs ?

Jeanne :

J'ai deux meilleurs souvenirs : le premier a été mon anniversaire. Pour mon anniversaire, j'avais décidé d'inviter tous les gens de ma classe, et j'avais donné le thème Cowboy et indien. Une fille dans ma classe avait loué un local et s'occupait de la musique. Avec une amie belge, on s'était occupées de la déco et de la nourriture. Chacun avait donné une cotisation, chacun avait joué le jeu, tout le monde était venu ! 30 personnes pour mon anniversaire, ça m'avait fait au chaud au cœur. Ils étaient tous contents d'être réunis, et depuis ce jour-là, ils venaient tous me parler au lycée.
Deuxième bon souvenir : ma mère d'accueil n'aimait pas fêter la Saint-Jean, fête très importante en Suède. Alors ma meilleure amie de classe m'a invitée chez ses grands-parents. Il y avait ses parents, ses oncles et tantes, ses cousins, tout le monde. J'ai été accueillie comme un membre de leur famille, ils m'ont fait faire toutes leurs activités, et le grand-père, d'habitude silencieux, m'a raconté toutes ses anecdotes de chasse, et m'a montré le seul ours qu'il ait jamais chassé. Le petit cousin de 5 ans me parlait sans cesse dans un suédois enfantin bien que son frère lui rappelait sans cesse que je n'étais pas tout à fait à l'aise avec cette langue. Je ne me suis jamais sentie aussi à l'aise en Suède que ce jour-là.
Mon pire souvenir... Le nouvel an. Je suis de nature très timide. Il m'a donc fallu du temps pour faire le premier pas avec mes camarades. Et j'ai payé le prix fort : au nouvel an, je n'ai été invitée nulle part. Je l'ai donc passé chez moi, mais ma mère d'accueil n'a jamais aimé fêter le nouvel an. Elle n'a donc rien fait, nous avons regardé le feu d'artifice de la fenêtre et sommes allées nous coucher. Cette nuit-là, cependant, je me suis promis de ne plus passer une seule journée seule, sans camarade !

YFU France:

9. Forte de ton expérience, quels conseils donnerais-tu aux futurs partants ?

Jeanne :

Même si tu es très timide comme je le suis, dis-toi bien une chose : tu n'es là que pour dix mois, et après tu retrouveras ta vie normale. Alors qu'importe ta timidité, personne ne te connaît là-bas, tu peux faire ce que tu veux, être qui tu veux. Les gens seront aussi intimidés que toi, et c'est à toi de faire le premier pas, le reste coulera de source. N'hésite pas à parler sans cesse, quitte à faire des fautes, ils te comprendront, te corrigeront, et riront avec toi. Tu te feras, crois-moi, des amis, et non pas des amis d'un an, mais de vrais amis, avec qui tu garderas contact toute ta vie. Laisse de côté ta timidité, pour 10 mois seulement, parce que tu vis une aventure unique, et des tas de personnes rêveraient d'être à ta place, et toi, tu t'en souviendras toute ta vie. Toi seul est celui qui te crée des souvenirs. Tu n'es jamais à l'abri des coups de blues, mais n'appelle pas ta famille, ça ne t'aidera pas. Contacte plutôt un autre étudiant d'échange qui vit dans le même pays que toi, vous partagez la même expérience, et donc les mêmes blues. Il est le mieux placé pour t'écouter et te remonter le moral. Et n'hésite jamais d'en parler avec ta famille d'accueil.

YFU France:

10. Finalement, as-tu une anecdote à nous faire partager ?

Jeanne :

Le jour du bal, j'étais totalement perdue, je devais prendre le bus pour me rendre chez une amie. Le problème étant que je ne savais pas où il se trouvait. J'ai demandé à une jeune fille dans la rue : voyant que j'étais une étrangère, elle m'a pris la main et m'a conduite jusqu’a mon bus. Là, j'explique au chauffeur que c'est mon bal de promo et que je dois me rendre à telle adresse : le chauffeur, au lieu de me déposer à l'arrêt le plus proche, me dépose carrément devant le portail de mon amie. Ce jours-là, j'ai compris à quel point ce pays était magique. (En fait, j'exagère, je m'en rendais compte chaque jour) Sinon, tu auras des tas d'anecdotes, notamment en apprentissage de la langue.

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