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Christèle

Back to USA in 1984

Christèle Micolet est une returnee de 1984 partie aux Etats-Unis

En 1983, Christèle Micolet devenait étudiant d'échange avec YFU !
YFU France:

1. Nom Prénom

Christèle :

LAVAUX Christèle, épouse MICOLET

1er janvier 2014. Nous avons en famille fêtés nos 30 ans de relation ! il y a là Mom et Dad, mon petit frère américain, sa femme et ses deux enfants, ma soeur américaine, mon mari, une amie et moi-même...
YFU France:

2. Dans quel pays êtes-vous partie ? Quel programme aviez vous choisi ?

Christèle :

Je suis partie au Etats-Unis pour un séjour d'une année - le seul à mon souvenir proposé à l'époque

YFU France:

3. Durée et année du séjour

Christèle :

De juillet 1983 à juillet 1984

YFU France:

4. A cette époque, il était moins commun de partir en expatriation comme les jeunes le font aujourd'hui ! Quelles ont été raisons qui vous ont poussé à entreprendre cette expérience ?

Christèle :

Mes motivations étaient d'abord d'ordre scolaire : en effet, ayant beaucoup voyagé, beaucoup déménagé, je n'avais qu'un niveau très médiocre en anglais (et en maths) alors pour espérer poursuivre une scolarité normale, il me fallait acquérir un vrai niveau d'anglais. Je voulais prouver également que je pouvais réussir quelque chose par moi-même. Ma chance a été d'avoir des parents quelque peu "aventureux", ayant connu le fait de vivre à l'étranger, et qui m'ont encouragée à postuler et à partir.

YFU France:

5. On imagine que les Etats-Unis d'aujourd'hui et des années 80 sont différents ! Quelles ont été vos premières impressions ?

Christèle :

Le Pays de Cocagne !! Tout était plus grand, surdimensionné me semblait il ! De plus, j'ai été envoyée dans l'Etat sans doute le plus "plus" des Etats-Unis, le Texas ! La famille qui m'a accueillie était extraordinaire de gentillesse, et le père de famille était l'homme le plus imposant physiquement que j'ai jamais rencontré jusqu'alors, mesurant plus de 2 m et large comme "une armoire à glaces"... mais aussi le plus patient et attentif des parents.

YFU France:

6. L'école des années 80 en France est différente de celle d'aujourd'hui. Et l'école américaine c'était comment avant ?

Christèle :

J'ai véçu une expérience des plus singulières de ce côté puisque l'école où j'ai été ne comptait que cent élèves du jardin d'enfants à la Terminale (niveau dans laquelle j'étais la seule élève) De fait, c'est l'école (privée) qui s'était adressée à la représentante locale de YFU pour offrir une bourse et recevoir un étudiant d'échange, et la famille a été choisie parmi les parents d'élèves intéressés. Mon dossier a été retenu parce que j'avais déclaré attacher de l'importance à la famille, à la religion, et aussi parce que la responsable locale a eu peur que je ne sois "noyée" dans l'énorme High School où étaient envoyés les autres étudiants d'échange. Autant dire que j'ai été très suivie -ce qui n'était pas une mauvaise chose ! Beaucoup de professeurs parlaient français mais je ne l'ai "découvert" que très tard dans l'année parce que chacun s'est employé à me faire réussir dans cet apprentissage de la langue anglaise. J'ai eu la chance de participer à l'opérette montée par l'école, à une "Science Fair", et de découvrir là les premiers ordinateurs Apple que le directeur de l'école, un mathématicien prodige, appelait déjà "le futur des communications et de la connaissance" !... Je suis toujours en relation avec certains de mes professeurs et camarades d'école, plus de 30 ans après...

YFU France:

7. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre quotidien au sein de votre famille d'accueil ?

Christèle :

J'ai été la fille de la famille dès que je suis arrivée. Celle-ci ressemble beaucoup à ma famille biologique : j'ai le même âge que l'ainé, ma soeur a le même âge que la deuxième, et mon petit frère est juste un an plus jeune que mon frère américain. C'était à l'époque une famille de la classe moyenne, : lui était enseignant à l'Université, elle infirmière de nuit pour pouvoir s'occuper de ses enfants le jour.J'ai participé aux tâches ménagères, reçu de l'argent de poche comme les autres, dû essuyer quelques engueulades qui de fait m'ont fait vraiment sentir que j'étais "a part of the bunch" . Nous allions ensemble à l'église tous les dimanches, et souvent ensuite dans un "fast food" (cadeau du dimanche !) Ils avaient des moyens financiers limités, mais nous ont emmené en vacances pour que je puisse découvrir d'autres parties du Texas, et le Noël que j'ai passé avec eux cette année-là reste l'un de mes meilleurs souvenirs de toute mon existence.

YFU France:

8. Avec le recul, quelles ont été vos meilleurs souvenirs et vos pires souvenirs ?

Christèle :

Halloween et Noël, l'opérette de l'école, la découverte de San Antonio, la lecture de tous les classiques américains de littérature jeunesse "dans le texte"... Des bons souvenirs, il y en a pléthore, et plus le temps passe, plus ceux-ci restent présents !
Je pense que ma principale difficulté a été la relation avec la fille de la famille jusqu'alors seule fille au milieu de deux garçons... Si au départ elle a trouvé sans doute que cela était "cool" d'avoir une vraie française (so exotic !) à la maison, la nouveauté a vite laissé place au fait que j'occupais beaucoup beaucoup de place !!! Nous avons eu du mal à nous accepter mutuellement, cela nous a pris toute l'année pour nous apprivoiser et a été source de tensions... Mais les parents ont toujours tenté de maintenir l'équilibre, et la relation que nous avons depuis est sans doute une de mes plus grandes satisfactions.
le pire moment a été... le départ. Je pensais honnêtement que je ne pourrais jamais revenir, que je ne les reverrais jamais, et ce fût un déchirement de part et d'autre, à tel point qu'il a fallu plus de quatre mois pour que j'ai le courage, après mon retour en France, de leur téléphoner....Aujourd'hui, nous avons trente ans de souvenirs communs, de visites, de joies et de peines partagées, c'est ma famille pour toujours !

YFU France:

9. Forte de votre expérience, quels conseils donnerez vous à nos jeunes qui vont tenter l'aventure ?

Christèle :

Oser ... Participer... "Do as the americans do"... et restez vous -mêmes surtout. Faites en sorte que votre projet se réalise et d'aller au bout de votre rêve ! Et faites l'effort de garder des liens ensuite, c'est un cadeau pour la vie entière !

YFU France:

10. Pour conclure, avez-vous une anecdote à nous faire partager ?

Christèle :

Adorant lire, j'avais obtenu la permission de prendre un abonnement (de par le travail du père) à la Bibliothèque Universitaire. J'ai fait découvrir la littérature à mon petit frère américain en l'emmenant avec moi. Nous y allions le soir, une fois les devoirs achevés, chacun juché sur nos vélos (ils m'en avaient acheté un de seconde main que les deux frères avaient retapé entièrement) Walkman sur les oreilles, écoutant All Night Long de Lionel Richie "à plein tube"... Chaque fois que j'entends cette chanson, je me revois pédalant dans la douceur de la tombée de la nuit au Texas !